Etudier les mots que l’on prononce pour parler d’amour. Que disent les gens, comment s’y prennent-t’ils pour parler de leurs sentiments?

Ici, un pannel de volontaire à répondu à ma demande postée sur internet en décembre 2017 :
“Racontez-moi votre histoire d’amour. Prenez la première chose qui vous viens quand vous vous dites “histoire d’amour”. Enregistrez-vous pendant 3 minutes maximum, ne cherchez pas à gommer vos bégaiement, et ne vous enregistrez qu’une fois”.

Je reçu une cinquantaine d’audio. Des proches, des connaissances, ou encore des inconnues.Pour chaque histoire postée sur ce site il y a un QR code glissé dans une ville, qui mène à elle.

Sur cet onglet vous trouverez ces informations dans l’ordre :
  • Les 3 phases de publications (présente sur instagram)
  • La genèse du projet (le pourquoi de son existence)
  • La forme des histoires (le travail autour de l’audio)
  • La places des histoires (le travail avec les QR codes)


Les 3 phases de publication



Chaque publication d’histoire
se fait en 3 temps


1. Un QR code est posé dans la rue
(il renvoit directement à l’histoire) 

2. Sur le compte instagram est posté une regroupant certains mots de l’histoire (ceux en couleurs)

3. l’histoire est postée (et devient accessible via 2 moyens, le QR code et un autre qui vous sera annoncé)



Au court de ce premier mois de publication
(du 1er au 31 mai 2019)

les étapes  1 et 2

se déroule
sur 1 jour


l’étape 3 
se déroule
le lendemain


ceci peut changer
à chaque periode de publication


La genèse du projet


Amour d’Histoire est un projet qui est né d’une discussion entre amies. Je ne me souviens plus où, quand, comment, mais me voilà à débattre avec une de mes meilleures amies du fait que non l’amour n’est pas mort. Elle ne me croit pas. Les réseaux sociaux ont tué les sentiments, la course à la consommation nous fait vouloir toujours plus, on n’en vit plus rien de fort. Je me mets alors en quête d’histoire. Toujours dans un désir d’écouter les autres me parler d’eux, une certaine passion en somme, je me rends sur twitter, et poste simplement “envoyez-moi votre histoire d’amour, celle qui vous fait palpiter le ventre et le coeur, que ce soit une rupture déchirante, un regard dans le métro qui n’a abouti à rien, ou votre relation actuelle de 2 semaines, dites-moi ce que vous vivez de fort amoureusement”. 


Les réponses affluent. Et les demande aussi, vais-je partager ces histoires. Me voilà alors devenu, mécène de ces histoires d’amour. Partagé sur un site internet, une fois l’an. Lors de la 3e année je me rend compte que je veux aller au-delà des histoires écrites. Je veux qu’on me parle, je veux jouer avec cette matière qu’est la narration orale. En décembre 2017, débute alors ce nouveau projet “Amour d’Histoire”.


La forme des histoires


Il était important pour moi de dévoiler les histoires sans y apposer une vision plasticienne trop personnelle. Je voulais délivrer le message qu’elles portaient, sans le brider.


La question du langage étant au centre de mes préoccupations j’ai voulu jouer avec l’apparition des mots. Une sorte de sous titrage plus inattendu.


A l’heure actuelle nombre de média sur internet utilise les sous-titrage (Konbini, Vice, Loop etc) pour les informations rapides, permettant aux personnes de connaître l’information sans avoir forcément à écouter, ou pour ne pas avoir à être trop concentré. En effet la lecture ajoutée à la voix, permet au cerveau d’assimiler plus rapidement.

Ici l’idée était de jouer justement avec ces symboles d’information rapide, avec un message à délivrer, via Amour d’Histoire, tout à fait différent. Et en utilisant la technique mêlant audio et lecture, on peut espérer plonger complètement le spectateur dans l’histoire. La façon dont les mots sont amenés est une manière pour moi de jouer avec ma vision des choses, les couleurs que j’appose aux mots sont une nouvelle indication donnée au spectateur. Cette couleur me vient d’une spécificité de mon cerveau, je suis « atteinte » de synesthésie graphème couleur. J’associe aux mots, aux chiffres, et par extension aux gens, des couleurs. En les ajoutant aux histoires je guidais le spectateur légèrement dans ma vision des choses. Je cherche à dépeindre l’histoire, en la cadrant par des limites imperceptibles qui peuvent amplifier l’imagination du spectateur. Certaines personnes retiennent plus telle ou telle couleurs. D’autres auront tendance à toutes les voir.

La façon dont les mots se présentent, les couleurs qu’ils peuvent avoir, sont les 2 premiers points de ce travail. La typographie Helvetica en est le troisième essentiel. Elle a été choisi explicitement pour sa banalité. Elle est aujourd’hui partout, dans tout ce que nous consommons. Un graphiste américain a d’ailleurs essayé de ne pas l’utiliser pendant une journée, il n’a pu ni s’habiller, ni prendre le métro… il a pu manger une pomme et boire l’eau du robinet. Cette typographie était donc la plus adéquate à mon sens pour ce projet.

Certaines histoires sont belles, d’autres drôle, certaines assez tristes quand d’autres peuvent être violentes.

Le ressenti diffère en fonction des sensibilités de chacun, il est important que vous soyez néanmoins au courant. Ce projet a pour but d’évoquer la force des sentiments et non pas uniquement leur positivité




La place des histoires


L’idée de glisser des histoires d’amour au coeur des villes était très tentante. Les voilà existant juste à travers un QR code et une couleur que je leur ai attribué. Pour moi c’était une énième réponse aux questionnements qui démarrait ce projet : les sentiments sont-ils mort ? Non ils sont partout, et en voici la preuve.

Le QR code encre l’histoire ailleurs que sur les réseaux sociaux. Si ce projet est un enfant d’internet, je souhaite aussi l’ouvrir au-delà. Il n’est pas accessible uniquement par les connaisseurs, mais aussi via le détour d’une rue.